Un texte de moi pour moi.
Le tableau
J’ai un tableau dans la tête. Non pas un Van Gogh ou un Dali, se serait trop beau, j’ai un tableau Velléda.
Ce fameux tableau m’a beaucoup aidé dans les moments difficiles mais il m’a aussi fait rater beaucoup de choses, de bons moments. J’ai perdu des amours comme ça, d’un coup d’un seul. Sans raison réelle juste car ce jour là j’en ai eu assez d’un détail, d’une situation, d’une phrase ou d’une hésitation. Sans le vouloir j’ai tout oublié pour revenir à cette surface blanche et brillante sans aucun stigmate de pleurs, de rires, de déchirements ou même de vie. Plus rien, le néant.
Ce tableau m’a sauvé lors du décès de mon père. La souffrance que j’ai ressentie était telle que je suis comme tombé dans un coma éveillé, comme drogué et conscient et j’ai vécu ainsi pendant longtemps en fuyant le souvenir de celui qui m’a abandonné. Aujourd’hui quand je repense à lui, j’ai de la peine, de la joie, des sourires et des pleurs en même temps. J’ai Jacques Brel dans la tête, les « tocs » des boules de billard qui s’entrechoquent, le gout du whisky au sirop d’orange, l’odeur de la sciure et de l’essence mélangé.
Quand je ferme les yeux je vois ses mains, ses mains de publicité pour crème solaire, je vois ce corps étendue sur une table froide, je me vois en train dormir sur le lit d’à côté, je me vois en train de parler à ce corps gonflé, je me vois moi à Paris lui à Mérindol et nous séparés pour la vie.
Voila ce que peut faire un bête tableau blanc, arriver au moment où l’on ne s’y attend pas et tout effacer, tout tuer. Il tue les gens, les amitiés, les amours, et les douleurs.Aujourd’hui il est là, tout proche en train de brandir son éponge et menacer. Je résiste, je lutte, je refuse et je gagne car je sais qu’il ne faut pas effacer, pas maintenant, c’est trop tôt, j’ai toute la vie devant moi et ma vie ne doit pas tenir à une éponge.
Le tableau
J’ai un tableau dans la tête. Non pas un Van Gogh ou un Dali, se serait trop beau, j’ai un tableau Velléda.
Ce fameux tableau m’a beaucoup aidé dans les moments difficiles mais il m’a aussi fait rater beaucoup de choses, de bons moments. J’ai perdu des amours comme ça, d’un coup d’un seul. Sans raison réelle juste car ce jour là j’en ai eu assez d’un détail, d’une situation, d’une phrase ou d’une hésitation. Sans le vouloir j’ai tout oublié pour revenir à cette surface blanche et brillante sans aucun stigmate de pleurs, de rires, de déchirements ou même de vie. Plus rien, le néant.
Ce tableau m’a sauvé lors du décès de mon père. La souffrance que j’ai ressentie était telle que je suis comme tombé dans un coma éveillé, comme drogué et conscient et j’ai vécu ainsi pendant longtemps en fuyant le souvenir de celui qui m’a abandonné. Aujourd’hui quand je repense à lui, j’ai de la peine, de la joie, des sourires et des pleurs en même temps. J’ai Jacques Brel dans la tête, les « tocs » des boules de billard qui s’entrechoquent, le gout du whisky au sirop d’orange, l’odeur de la sciure et de l’essence mélangé.
Quand je ferme les yeux je vois ses mains, ses mains de publicité pour crème solaire, je vois ce corps étendue sur une table froide, je me vois en train dormir sur le lit d’à côté, je me vois en train de parler à ce corps gonflé, je me vois moi à Paris lui à Mérindol et nous séparés pour la vie.
Voila ce que peut faire un bête tableau blanc, arriver au moment où l’on ne s’y attend pas et tout effacer, tout tuer. Il tue les gens, les amitiés, les amours, et les douleurs.Aujourd’hui il est là, tout proche en train de brandir son éponge et menacer. Je résiste, je lutte, je refuse et je gagne car je sais qu’il ne faut pas effacer, pas maintenant, c’est trop tôt, j’ai toute la vie devant moi et ma vie ne doit pas tenir à une éponge.

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